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EnEn 1976, la loi de protection de la nature adoptait un article qui aurait dû profondément redéfinir les modes d’élevage en France. « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce », indique en effet l’article L214, intégré au Code rural.

Cinquante ans après l’adoption de l’article L214, les chiffres sont là. Le nombre d’animaux abattus est passé, dans cette période, de 670 millions à 943 millions, soit une hausse de 40 %. Cette intensification de la « production » s’est faite sur un modèle qui a piétiné tous les besoins fondamentaux des animaux. Ainsi, plus de huit animaux sur dix abattus en France sont issus d’élevages ne donnant pas accès au plein air.

En réalité, la moitié des animaux présents sur le territoire est concentrée dans 1 % des exploitations. Un élevage de volailles moyen compte 40 000 individus et 55 % des poules pondeuses – soit 25 millions – ont été élevées « dans neuf exploitations ».

L’État s’est par exemple fixé l’objectif d’inspecter 1 % des élevages par an au titre de la protection animale, soit un contrôle tous les cent ans en moyenne pour une exploitation.

Et le peu d’élevages contrôlés est de toute façon très légèrement pénalisé en cas de manquement. Alors que 58 % des élevages contrôlés en 2024 présentaient des non-conformités, seuls 2,7 % ont été sanctionnés. Dans neuf cas sur dix, les propriétaires sont prévenus du contrôle.