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Mais il y a un autre problème dans les discours officiels issus de l’OMS, puis relayés par les représentants de l’Etat et des institutions sanitaires : c’est qu’ils justifient leur appel au calme par un ensemble de mensonges sur les caractéristiques du virus, très semblables à ceux employés pour « rassurer » la population dès le début de la pandémie de COVID-19. Ces discours ont nourri le complotisme, profondément désinformé la population quant aux outils efficaces pour se protéger du virus (FFP2 comme vaccins), et en définitive, contribué à aggraver la crise sanitaire.

Mais pour déterminer une stratégie efficace, d’autres caractéristiques du virus sont importantes à prendre en considération, notamment trois d’entre elles : la durée d’incubation, la fenêtre de contagiosité, et le mode de transmission. Et les connaissances scientifiques sur les deux dernières sont déjà contestées par l’OMS et les autorités sanitaires, tout comme elles l’ont été et le sont toujours à propos du COVID-19.

Enfin, le mode de transmission du hantavirus subit sans surprise la même censure que celui du COVID-19. Encore une fois, la transmission aéroportée (c’est-à-dire par des micro-gouttelettes appelées aérosols, qui flottent dans l’air et s’accumulent dans une pièce comme de la fumée de tabac) est niée par les autorités, au profit de la transmission par gouttelettes (c’est-à-dire les postillons), bien moins coûteuse en termes de mesures de prévention qu’elle implique. Pourtant l’étude du New England Journal of Medicine est claire : leurs observations sont cohérentes avec une transmission par gouttelettes et par aérosols respiratoires.

Le choix de rapatrier tous les passagers et membres d’équipage du Hondius dans leurs pays respectifs, où des protocoles différents sont mis en place, prolonge les logiques de gestion du COVID-19 : une réponse fragmentée, guidée par les intérêts nationaux des puissances impérialistes, loin de toute réponse internationaliste à la crise. Une centralisation même partielle des quarantaines et une uniformité autour des protocoles les plus prudents aurait permis de réduire les risques, maintenant démultipliés à l’internationale : en matière de pandémie, c’est le maillon le plus faible qui détermine la vulnérabilité collective. Les prochains jours diront également quelles conséquences aura le retrait des États-Unis de l’OMS sur leur capacité de coopération.

Sur le volet social maintenant : la pauvreté, le manque d’accès à l’hygiène, et les mauvaises conditions de travail sont des facteurs de risque quant à l’émergence et la transmission de pathogènes. Nos camarades au Chili relevaient d’ailleurs en 2017 qu’un tiers des contaminations au hantavirus par des rongeurs avaient lieu sur le lieu de travail à cause de mauvaises conditions, documentant par ailleurs des exemples de patrons ne mettant pas de protections respiratoires à disposition de leurs ouvriers chargés de nettoyer des entrepôts infestés de rats.

Quant au COVID-19, loin d’avoir permis de « tirer des leçons » et d’être « entraînés », comme le répètent volontiers les grands médecins de plateau télé, il nous a au contraire profondément vulnérabilisés. Physiologiquement, tout d’abord : en raison d’environ deux vagues par an depuis maintenant six ans, le COVID-19 laisse dans son sillage des millions de malades chroniques rien qu’en France, et une population au système immunitaire globalement fragilisé par ses séquelles. Idéologiquement, ensuite : le laisser-faire pandémique du gouvernement s’est accompagné de la normalisation du fait d’être fréquemment malades, et de la justification eugéniste de l’abandon des « vulnérables » avec leurs fatales « comorbidités », trop coûteux à protéger correctement.

Les logiques autoritaristes déployées au début de la pandémie de COVID-19 traitaient la population comme une masse à tranquiliser par des mensonges toujours mouvants, et qu’on plie aux règles les plus arbitraires à grand renfort de répression. A rebours de ces logiques, nous revendiquons la nécessité que la classe ouvrière s’approprie les savoirs et la méthode scientifique, afin de ne pas dépendre pour notre information des médiations qu’en font les institutions de l’Etat et les industriels du secteur, ni de risquer tomber dans les griffes de charlatans qui tentent de capter une méfiance justifiée avec des théories imaginaires pour leur avancement personnel.

D’une façon générale, seul un programme ouvrier est capable d’enrayer efficacement les épidémies quelles qu’elles soient : des soins gratuits et accessibles pour tous et toutes, des hôpitaux sous contrôle des travailleurs de la santé et des usagers, des arrêts maladie pour toute la durée d’une maladie et de sa contagiosité, y compris pour les enfants et les étudiants, et sans diminution de salaire pour les travailleurs. Mais aussi, l’installation de l’infrastructure nécessaire pour respirer un air intérieur propre, au même titre que l’eau que l’on boit.