les deux femmes se rendaient au travail et ont donc été victimes d’un accident dit « de trajet », considéré comme un accident du travail. Près de 300 personnes meurent ainsi chaque année en France. Si le nombre d’hommes mortellement atteints est plus élevé (243 pour 54 femmes en 2019), les femmes sont proportionnellement plus touchées par les accidents de trajets (67 accidents pour 10 000 équivalents temps plein, contre 43 pour les hommes). (…) Ce qui explique cet écart de risque, c’est la division sexuée du travail.
« Les femmes occupent plus fréquemment des emplois à temps partiel, caractérisés par des horaires plus souvent morcelés pouvant impliquer une multiplication des trajets entre domicile et lieu de travail »
Les femmes sont surreprésentées dans les secteurs d’activité abonnés aux temps partiels : nettoyage, santé et action sociale, restauration… pour ne citer que quelques exemples. Les chercheurs de la Dares relèvent par ailleurs que « les femmes effectuent des trajets domicile-travail en moyenne moins longs mais avec davantage de détours, pour déposer un enfant, aller le chercher, faire des courses, etc. »
Rien n’indique qu’il faille effectuer le sexage la nuit. Mais « cela arrangeait les clients (…) Ainsi, les personnes qui travaillaient de jour dans les élevages n’étaient pas dérangées. » (…)
Véronique G. vit alors à 13 kilomètres du site (…) Le trajet comprend plusieurs tronçons en pleine campagne, sans éclairage ni trottoirs ou bas-côtés. Ce « détail » compte, car Véronique G. se rend à pied de chez elle à son travail, tous les jours, ou presque.
Quand les clients demandent un sexage nocturne, ce qui arrive très souvent, elle quitte son domicile vers 1 heure ou 2 heures du matin et marche pendant près de trois heures. À vélo, c’est plus rapide : il ne lui faut qu’une demi-heure. Mais ce mode de déplacement ne protège pas des intempéries. Et, quand il y a du vent, il est difficile de pédaler, surtout avec un vieux vélo. « Toutes les nuits, elle se met en danger », résume son avocat.