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« Ce n’est plus gênant aujourd’hui de mettre à mal la santé publique pour satisfaire les milieux économiques. On le voit avec la loi Duplomb, le refus du gouvernement de rendre obligatoire le Nutri-score, et aujourd’hui l’affaiblissement de Santé publique France », constate, désabusé, l’épidémiologiste et nutritionniste Serge Hercberg, le père du Nutri-score.

« Les équipes s’interrogent : pourquoi s’attaquent-ils à notre agence, alors qu’on a démontré l’efficacité de nos méthodes ? Il y a beaucoup de soupçons. On sait que les lobbys sont à l’œuvre, parce que les campagnes de Santé publique France sont efficaces. »

Serge Hercberg en est lui certain : « Le poids politique du ministère de la santé est faible, il perd souvent ses arbitrages face aux ministères de l’agriculture, de l’économie ou des finances. Il y aura donc une perte de l’indépendance de la construction des messages. »

« Il y a une volonté de mettre la main sur des agences trop indépendantes », analyse François Bourdillon. À ses yeux, l’époque le permet : « Trump a détruit les agences d’expertise aux États-Unis. Cela n’a pas fait trop de dégâts dans l’opinion publique. Cela donne des idées à certains. »