Si la gauche est en désaccord avec la plupart de ces mesures, c’est surtout le « ton inquisitoire » adopté par le député UDR dans son rapport qui l’a poussée à tenter de bloquer la publication de celui-ci.
« Toutes les deux pages il y a une dinguerie », fustigeait la socialiste Ayda Hadizadeh, quelques heures avant le vote, évoquant des « attaques ad hominem, [des] insinuations, [de la] diffamation et [des] mensonges ».
S’ils votaient pour la publication du rapport, ils adoubaient en substance les méthodes de Charles Alloncle et offraient au texte la crédibilité du sceau du Palais-Bourbon. […]
Mais en s’y opposant, ils prenaient aussi le risque de porter un coup aux commissions d’enquête, un outil précieux pour l’opposition au Parlement, censé fonctionner de façon collégiale. […]
L’activisme de la bollosphère s’est aussi joué en coulisses. Comme l’a révélé Le Monde, plusieurs député·es de la commission d’enquête, dont Charles Alloncle lui-même, ont reçu des suggestions de questions hostiles à l’audiovisuel public à poser aux personnalités auditionnées. Le rapporteur a assuré au quotidien ne pas avoir « utilisé ces questions ». « Le lobbying, les affaires publiques, c’est vieux comme l’Assemblée », a-t-il encore balayé lundi sur RMC.
Le climat dans lequel s’est déroulée cette commission d’enquête – et les effets qu’elle a déjà produits sur les rédactions des médias publics – a donné un aperçu du rouleau compresseur de l’extrême droite, à un an de la présidentielle.