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Histoire du Papier Marbré

mariellebrie.com · 33 min

Added by Justine Reynaud

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Une histoire très détaillée du papier marbré.

Les plus anciens suminagashi datés du XIIe siècle accompagnent la légende attribuant à la famille Hiroba la paternité de cette invention délicate, vers 1151, durant la période Heian. [...]La technique japonaise consiste à délicatement déposer à la surface de l’eau d’un baquet une feuille de papier pour y imprimer les volutes d’encres colorées créées par le mouvement de l’eau.

Dès le XVe siècle, [les marbrures] deviennent notamment au Moyen-Orient le support de textes dont l’autorité religieuse ou politique – unique car n’acceptant pas la contestation – est justifiée par ce support.

En persan, le papier marbré évoque des motifs aussi changeant que les nuages ebr. Les Turcs ne contredisent pas le sentiment de leurs voisins et reprennent, dans leur langue, la dénomination de ce papier devenu alors ebrû.

Au XVIe siècle à Samarkand (Ouzbékistan) et à Herat (Afghanistan), alors provinces de l’Empire timouride gouverné par le Sultan Hossein Mirza Bayqara (1438 – 1506), une technique dérivée de l’utilisation de l’aher va permettre de créer des papiers marbrés dont une partie centrale est laissée vierge pour la calligraphie. Sur le même principe que la gravure à l’eau-forte dans laquelle un vernis protège de la morsure de l’acide ce qui doit être préservé de l’encrage, l’akkâse ebrû consiste à couvrir d’aher la zone que l’on souhaite protéger de la marbrure.

Bien que la méthode imaginée pour parvenir à une telle finesse ait fait l’objet de débats d’érudits, il semble aujourd’hui que les spécialistes de cet art singulier s’accordent à reconnaître une habile combinaison de pochoirs et de masquages mucilagineux, très proches de la technique timouride à l’aher.