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Comment un jeune homme de 18 ans qui se fait tabasser par des militant de l'ED en marge d'une manifestation lors du 2è tour en 2017 (alors qu'il ne participait pas à la manif) est devenu antifa.
Son récit est effarant, depuis l'agression random, jusqu'aux policiers qui ne donnent pas suite à de nombreuses plainte (voire "escortent" les proches des accusés au procès), ...

#antifa #ED #radio

Le 7 mai 2017, Marine Le Pen échoue au second tour de l'élection présidentielle. Le même soir, Erwan, un jeune Nantais de 18 ans sans engagement politique, est agressé par cinq militants d'extrême droite. Laissé pour mort sur la chaussée, il survit et devient, presque malgré lui, antifasciste.
"La politique, je m'y intéressais pas du tout."

Erwan a 27 ans, et habite à Nantes. Le 7 mai 2017, le soir du second tour des présidentielles, des manifestations sont organisées "C'était surtout pour fêter la défaite de Marine Le Pen." À cette époque, Erwan a 18 ans, il vit chez sa mère "Je me rappelle que je n'avais même pas voté, ni au premier tour, ni au second tour, la politique, je m'y intéressais pas du tout."

Avec son meilleur ami Steven, ils partent à vélo dans le centre-ville, rejoignent les manifestations et décident de partir quand la situation commence à se tendre "D'un côté il y a les policiers qui courent après tout le monde. D'un autre côté, on nous dit qu'il y aurait des militants d'extrême droite qui tournent avec des casques de moto."

"On me demande si je suis antifa. Pas le temps de répondre, je me prends directement des coups."

Sur le trajet retour, quand Erwan arrive au niveau d'un arrêt de tramway, il se fait agresser par un groupe d'individus : "Je reçois du gaz lacrymogène dans les yeux, des coups sur la tête, des grands coups de pieds et je suis tombé inconscient très rapidement." Une voiture arrive au moment où son ami Steven se fait frapper et les agresseurs prennent la fuite "En allumant les phares de la voiture, il voit des pieds dépasser de la route et c'est là qu'il me trouve." Les pompiers viennent leur porter secours "Je suis dans une mare de sang, je bouge plus, je respire très fort."

Après 5 jours dans le coma, Erwan se réveille : "Je touche mon visage, j'ai des tuyaux un peu partout sur le visage, sur le ventre." Les séquelles de l'agression sont nombreuses "J'ai une infirmité permanente, des troubles du sommeil. On m'a diagnostiqué un syndrome dépressif important, j'ai les dents cassées, des acouphènes."

Erwan apprend qu'il a été agressé par des militants d'extrême droite "La réponse qu'on a eue au procès, c'est parce qu'on était habillés en noir et qu'on ressemblait à des mecs de gauche ou des antifas." Les enquêteurs retrouvent l'ADN d'un des agresseurs sur une bouteille laissée sur place. Il commence à recevoir des messages d'intimidation : "Si vous allez en cour d'assises, on va vous retrouver, on va te retrouver, on sait qui tu es, on sait où tu traînes."
Le procès se déroule à Nantes sur 5 jours "Le premier agresseur a été condamné à huit ans de prison et le deuxième a été condamné à six ans de prison en première instance."

Après le décès en février 2026 du militant d'extrême droite et néofasciste Quentin Deranque à Lyon, Erwan écrit un post sur les réseaux sociaux pour rappeler son agression par des membres du GUD (groupe union de défense) : "Je rappelle que cette nuit-là, c'était pas du hasard, c'était une embuscade, on avait rien fait. J'avais 18 ans, ma jeunesse a été volée par des nazis en roue libre."
Depuis, Erwan est devenu militant antifasciste. "Ils ont essayé de me tuer, ça n'a pas marché et ça m'a rendu plus fort. Je continuerai d'être dans la rue que ça plaise ou non."