Depuis quelques mois et particulièrement depuis le début de l’année, plusieurs choses ont changé dans ma pratique du web. J’ai réinstallé l’app One sec sur mon téléphone. Je n’ai plus de compte Netflix. J’ai quitté Spotify. Ces simples actes de désinvestissement ont fait bouger des lignes qui commençaient déjà à trembler. En réfléchissant sur l’IA pour la newsletter de janvier, je me suis mise dans un mouvement de grand questionnement. Comme le disait si justement mon amie Nine : « Si l'attention est un don, pourquoi en fais-je cadeau à des entreprises que je déteste et des personnes qui me sont inconnues ? ».
Le questionnement part aussi d’un constat : j’adore internet. J’adore y vivre, y réfléchir, y faire des rencontres. Des années de cyberharcèlement et la globale merdification du web n’auront pas eu raison de cet amour. Mais notre relation est en passe de devenir franchement toxique. Pourquoi le sentiment de liberté, de milliards de possibilités, que j’avais plus jeune en me connectant sur le portail AOL (!!) s’est-il peu à peu transformé en sensation claustrophobique de subir autant ? Pourquoi est-ce que j’étouffe en ligne ?
Depuis que j’ai remis One sec sur mon téléphone, je suis repassée à environ 5 min d’Instagram par jour et l’effet est drastique : je ne veux pas y passer plus de temps
Je me fais réfractaire aux changements, parce que les changements vont dans une direction qui me déplaît. La messagerie qui change d’emplacement, les reels accessibles d’un simple swipe que je ne veux jamais faire, l’écran de composition de story qui a désormais un bouton IA sur lequel je ne cesse de cliquer sans faire exprès... tout. me. gonfle.
Et c’est sans compter évidemment ce fameux algorithme nébuleux, celui dont tout le monde se plaint sans jamais parvenir à lui échapper. L’algorithme qui censure les contenus féministes, LGBT, progressistes, qui pousse au contraire des contenus racistes, sexistes, mensongers. L’algorithme qui ne vous montre jamais ce à quoi vous êtes abonné·e.
Un matin, je me suis demandé : est-ce que je vais vraiment passer ma vie à écouter de la musique que j’aime bof et qui m’aura été mise dans les oreilles par une machine ?