Leur interdire un objet qui structure déjà massivement leurs pratiques sociales, informationnelles et culturelles ne les aide ni à grandir, ni à apprendre à se réguler.
Interdire purement et simplement, c’est renoncer à ce travail pédagogique exigeant mais fondamental.
En construisant les adolescents comme incapables de discernement, on renforce une vision déficitaire de leurs pratiques, alors que les recherches montrent au contraire leur capacité à développer des stratégies, des normes, des formes de réflexivité. Cela nuit à leur sentiment de légitimité et à leur engagement scolaire, mais plus largement aussi au vivre-ensemble.
En définitive, la question du téléphone et des réseaux sociaux à l’école est moins une question de discipline que de projet éducatif. Voulons-nous former des jeunes obéissants ou des citoyens éclairés ? Des usagers passifs ou des acteurs capables de comprendre, de critiquer et de transformer leur environnement numérique ?