Comme le dit Cory Doctorow : « Le problème d’une technologie n’est pas ce qu’elle fait : c’est pour qui elle le fait et à qui elle le fait ».
Contrairement à l’idée répandue d’une ascension continue (des outils de pierre aux smartphones en passant par les machines à vapeur), le progrès technique ne suit aucune trajectoire droite ni inéluctable. Il connaît des ruptures, des retards, des impasses, des régressions même. Certaines technologies disparaissent, d’autres sont abandonnées non par manque d’efficacité, mais par manque d’intérêt économique ou politique. L’histoire est pleine d’inventions prometteuses restées dans les tiroirs, ou de savoir-faire perdus, comme les techniques romaines de béton hydraulique, ou les systèmes d’irrigation précolombiens. Le progrès n’est pas une marche triomphale, mais un paysage accidenté, façonné par des hasards, des crises, des choix humains. Il n’y a pas de « marche en avant » automatique, seulement des directions choisies, ou le plus souvent imposées.
Le vrai progrès social, c’est celui que nous décidons ensemble, pas celui que nous subissons en silence.