La semaine dernière, un festival de cinéma LGBTQIA+ m’a invitée à discuter de la thématique « manger queer ». J’ai donc eu l’occasion très stimulante de faire le lien entre queerness et végétarisme/véganisme, en évoquant notamment les « coming out » qu’impliquent ces situations qui existent hors des schémas normatifs (l’hétéronormativité pour l’un, le dogme carniste pour l’autre) ; des réactions extrêmement agressives, parfois violentes physiquement, auxquelles font face ces communautés ; des justifications qu’on exige systématiquement d’elles ; de la médicalisation infantilisante ou dangereuse de ces identités ou de ces modes de vie ; ainsi que les réflexions condescendantes et insultantes du genre « c’est une lubie, ça va te passer ». Être queer, comme être végé, c’est remettre en question l’idée d’un état « naturellement » hétéro ou carnivore, c’est donc une subversion insupportable pour beaucoup, qui veulent y voir un danger civilisationnel.