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us10.campaign-archive.com · 13 min

Le thérapeute autoproclamé a été l’objet de centaines de signalements à la Miviludes, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires – un record. Des enquêtes judiciaires ont été ouvertes à son sujet pour « mise en danger de la vie d’autrui », « abus de faiblesse », « exercice illégal de la médecine » et « pratique commerciale trompeuse ». Il a cessé de publier des vidéos2 sur YouTube il y a un an – car, a-t-il expliqué, il avait reçu « deux avertissements » et au troisième il risquait de perdre toute sa production –, mais il se félicite de conserver cette vitrine : il totalise plus de 91 millions de vues et plus d’un demi-million d’abonnés. Dans certaines vidéos, il se vante d’avoir le soutien d’une partie des équipes de YouTube France. Ce qui explique, selon lui, à la fois que la plateforme a souvent mis en avant ses contenus par le passé et que sa chaîne ne soit pas supprimée aujourd’hui. Chez YouTube France, on assure pourtant qu’aucun vidéaste ne bénéficie de passe-droits, « d’autant plus sur des sujets comme ceux-là ».

Que la modération de YouTube soit trop machino-centrée, une mésaventure gênante le confirme : ces derniers mois, deux Youtubeurs qui luttent contre la désinformation ont vu leurs vidéos supprimées… par l’outil automatique de lutte contre la désinformation. Celle de G Milgram titrée « Covid : le business de la peur ! » a un temps disparu en avril dernier. « YouTube semble ne pas faire la distinction entre les vidéos qui balancent des fausses informations et celles qui débunkent des fausses informations, réagit le vidéaste. On peut faire appel d’une décision pour qu’un humain examine notre vidéo “minutieusement”. Là où j’ai été très surpris, c’est quand j’ai eu le résultat de mon “appel”, qui validait la suppression de ma vidéo. »

Fiona assure, elle, avoir signalé plusieurs dizaines de fois des conseils médicaux dangereux ou des propos racistes et antisémites sur YouTube, sans que cela ne soit suivi d’effets. Clément affirme avoir fourni en mars 2021 à la modération de la plateforme un document présentant plusieurs dizaines de propos dangereux tenus par Thierry Casasnovas dans ses vidéos toujours en ligne. Il dit ne pas avoir eu de réponse. « À mon avis, les plateformes sont sous-dotées en termes de modération. Elles ne peuvent filtrer qu’avec un très gros tamis », estime Doc’n’roll. Ce manque de moyens est très inquiétant estime Antoine, autre membre de L’Extracteur : « On ne peut pas confier à des robots un truc aussi important, qui a un rôle aussi important pour notre vie démocratique. La seule solution, c’est de privilégier l’humain sur l’intelligence artificielle. »